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Publié le 20 juillet 2011
Dernière modification : 6 septembre 2011
Le Petit Robert 2012 est paru le 15 juin 2011. Ce dictionnaire est une mise à jour modeste du millésime précédent. Contrairement à ces dernières années, le nombre d’ajouts dans le texte est cette fois dans la moyenne : une centaine d’articles.
Alors que le Petit Robert fêtait en 2007 ses 40 ans, les éditeurs ont cette année choisi de célébrer, ainsi qu’il est mentionné en couverture du dictionnaire, les 60 ans « du Robert ». Une formule vendeuse derrière laquelle se cache en réalité le soixantième anniversaire de la Société du Nouveau Littré, entreprise fondée par Paul Robert, en Algérie, en 1951, dont le premier produit (le Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française) a été achevé en 1964.
À l’occasion de cette mise à jour du Petit Robert, la couverture est modifiée. En plus de la mention des 60 ans de la maison d’édition portée en couverture, le tissu laisse la place à un carton plastifié et de nouvelles couleurs sont introduites, notamment le doré.
Les 93 articles nouveaux du Petit Robert 2012 que j’ai relevés seront publiés sur cette page courant 2013.
Cette année, contrairement aux mises à jour précédentes, aucun groupe d’articles en particulier n’a été revu. Parmi les mots nouveaux, aucune nouvelle tendance ne se dessine cette année. On retrouve, comme c’est régulier depuis plusieurs années, des mots du domaine de l’informatique et des nouvelles technologies (métadonnée, smartphone, Unicode), de l’écologie (biome, écogeste), des mots de la francophonie, et notamment du Canada (brasse-camarade, guédille), des mots des régions de France (cacou, cagole). On note également, une fois de plus, un grand nombre d’anglicismes, qui représentent près d’un quart des mots nouveaux : donut, heavy metal, nerd, whip, wrap. De plus, des néologismes très récents ont fait leur entrée : cougar, vuvuzela, tweet, microblog, flashcode, graphène.
La moyenne d’âge des articles nouveaux (calculée à partir des dates de première attestation) est assez faible, ce qui témoigne de l’ouverture du dictionnaire aux mots apparus le plus récemment dans la langue. Il faut remonter à la mise à jour 2006 pour trouver un antécédent de ce choix lexicographique.
En dehors de ce travail habituel d’ajout de mots nouveaux, on relève bon nombre de sens nouveaux dans des articles préexistants. Grâce à la maquette souple du dictionnaire, ces ajouts ont pu être réalisés sans que d’autres parties du texte soient supprimées ou réécrites. On ne trouve donc aucun article sorti, et très peu d’éléments supprimés.
Une partie non négligeable de la mise à jour 2012 a consisté en l’introduction de citations tirées des œuvres d’auteurs contemporains : j’en ai trouvé près de 150 ! Il faut saluer ici un travail documentaire de grande ampleur, qui a pour but l’inscription du Petit Robert dans son époque. En effet, au fil des éditions, les nouveaux noms de la littérature française et francophone viennent côtoyer les auteurs classiques (sans les remplacer !), illustrant notamment les mots et les expressions de notre temps.
Ainsi, de nombreux auteurs et penseurs font leur entrée dans le dictionnaire, à travers des extraits de leurs œuvres : Carole Achache (à l’article assise), Carl Aderhold (craquant), Natacha Appanah (1. crêpe), Florence Aubenas (badge), Azouz Begag (pied-noir), Laurent Binet (draper), Marc Bloch (1. part), Yves Bonnefoy (échapper), Virginie Despentes (bovin), Marc Dugain (dramatique), Élisabeth Filhol (confinement), David Foenkinos (chipie), Pascal Garnier (bouler), Michèle Gazier (genou), Jean-Michel Guenassia (étendre), Yannick Haenel (bouiboui), Stéphane Hessel (fuite), Régis Jauffret (clayette), Dany Laferrière (cellulaire), Patrick Lapeyre (clé), Albert Londres (karité), René Magritte (non-figuratif), Vincent Message (pierrier), Marie Nimier (anglaise), Christine Orban (coquet), Véronique Ovaldé (glu), Michel Serrault (3. filet), Marie Sizun (plissé) et Franck Thilliez (prothétique).
De même, des citations d’auteurs déjà présents en 2011 sont ajoutées : Olivier Adam (à l’article apparence), Muriel Barbery (prout), Henry Bauchau (dévisser, lâcher-prise), Victor-Lévy Beaulieu (épais), Frédéric Beigbeder (électron), Philippe Besson (enfer), Antoine Blondin (note), Noëlle Châtelet (cri), Éric Cherrière (bouchon), Philippe Claudel (blondir), Boris Cyrulnik (analgésie), Annie Ernaux (organiser), Anna Gavalda (chauffer), Sylvie Germain (assassin), Albert Jacquard (précaution), Gilles Leroy (1. bombe), Pierre Michon (ébène), Marie Ndiaye (bignonia), François Nourissier (échangeur), Daniel Pennac (secoué), Yann Queffélec (pétasse), Mme Roland (friser), Didier Van Cauwelaert (bionique) et Martin Winckler (bonbon).
Le défaut du Petit Robert 2012 est toujours son prix, inchangé : 59 € (bien que son achat inclue, comme les années précédentes, un an d’abonnement au Petit Robert en ligne). Si vous avez besoin d’un dictionnaire de langue qui prenne en compte une frange importante de la littérature contemporaine, ou si votre Petit Robert date de 2006 ou d’une année antérieure, je vous recommande d’acquérir ce nouveau millésime. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez sans dommage remettre votre investissement dictionnairique à l’année prochaine !